Maceo, on le connaît Parker.

Publié le par Dans.la.solitude.des.champs.(de).sons

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Quel artiste : Maceo Parker

Où le concert : Koko (Camden, Londres)

Quand le concert : 20 Octobre 2010

Dans quel tiroir : Funk, groove, cris rythmiques

Etat des esgourdes : orgasme, au milieu des cuivres et des rythmes

Jour béni que ce 20 Octobre 2010, où je vais voir Maceo Parker au Koko. Des années que Life On Planet Groove tourne sur mes platines, des années sans me lasser de ces riffs de saxophones entêtants et entêtés, de ces riffs qui ne s'arrêtent jamais avant d'avoir trouvé le it. Des années aussi que je guette les concerts, mais cette fois ça y est.


Première partie : The All Stars, collectif jazz / funk londonien, qui remplit parfaitement son rôle, et allume la salle du bout de ses cuivres. Mots clés : le sourire, la bonne humeur, le plaisir qu'ils prennent à jouer et qu'on prend à écouter. Excellent moment de funk. Jusqu'au moment où la chanteuse annonce un "special guest", qui va s'avérer être Jocelyn Brown. Sa voix n'a rien perdu de sa puissance, et même si elle doit chanter assise, c'est le public qu'elle asseoit. Pas de "Somebody Else's Guy" à ma grande déception, mais n'en demandons pas trop.


Les musiciens de Maceo entrent en scène, commencent à jouer, puis c'est lui qui arrive, lunettes noires sur le nez. Il les enlève rapidement et affiche son éternel sourire, forcément sincère quand il s'agit de musique. Et là c'est parti, à coups de "Make It Funky", "Move", "Wou", "Han", "What You Say?", "Get Em Up". Tous les musiciens sont excellents, le tromboniste, le trompettiste, le bassiste évidemment, le batteur, le claviériste, le guitariste. Maceo nous présente plusieurs fois chaque musicien. Et ce groove au saxophone mes aïeux. Chaque coup de anche déclenche des coups de hanches (haha). Eclats de cuivres, coups de charley syncopés, cocottes, paroles sans surprises, mais qui sont le rythme même. Les têtes bougent, les jambes bougent, pas le choix. On a droit au début de "Pass The Peas", que tout le monde s'empresse de reprendre. J'attends un "Shake Everything You've Got" qui ne viendra jamais, mais peu importe, c'était tellement bon.


 

En bonus littéraire, ce que Jack Kerouac dit du it dans Sur La Route.


"Eh bien, mon pote, cet alto-saxo de la nuit dernière avait le it, dès que ça a mordu, il l'a tenu bon; je n'ai jamais trouvé un type qui le tenait si longtemps." Je voulais savoir ce qu'était le it. "Allons bon - Dean rigola -, voilà que tu m'interroges maintenant sur les choses im-pon-dé-ra-bles, hum. Voilà un gars et tout le monde autour, hein ? C'est à lui de mettre en forme ce qui est dans la tête de chacun. Il attaque le premier chorus puis il étale ses idées, bonnes gens, bien sûr, bien sûr, mais tâchez de saisir, et alors il se hausse jusqu'à son destin et c'est à ce niveau qu'il doit souffler. Tout à coup, il part au milieu du chorus, il ferre le it; tout le monde sursaute et comprend; on écoute; il le repique et s'en empare. Le temps s'arrête. Il remplit le vide de l'espace avec la substance de nos vies, avec des confessions jaillies de son ventre tendu, des pensées qui lui reviennent, et des resucées de ce qu'il a soufflé jadis. Il faut qu'il souffle à travers les clés, allant et revenant, explorant de toute âme avec tant d'infinie sensibilité la mélodie que chacun sait que ce n'est pas la mélodie qui compte mais le it en question..." Dean ne pouvait pas continuer ; il suait en faisant ce discours."


En bonus musical, ce morceau qui, pour moi, illustre le it au moment du solo.

Maceo Parker - Shake Everything You've Got
  

A-A

Publié dans Les qu'on sert.

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