Paris Plage

Publié le par Dans.la.solitude.des.champs.(de).sons

Beach-Fossils

 

 

Quel groupe : Beach Fossils

Où le concert : Le Point Ephémère, Paris 10

Quand le concert : 29 mai 2012

Dans quel tiroir : Surf rock réverbé

Etat des esgourdes : Sirotant un cocktail en tongues sur une plage imaginaire

 

Ah, l'été. La chaleur, le soleil jusqu'à pas d'heure, les nuits chaudes qui donnent envie de traîner plutôt que de s'enfermer dans son sauna-de-bonne coincé sous les toits d'un vieil immeuble de Paris, et l'envie d'ailleurs. La mer peut-être. Ah, l'été. En ce mardi 29 mai, il ne fallait pas chercher plus loin que le Point Ephémère pour avoir un peu d'ailleurs, avec les bien nommés Beach Fossils, groupe de Brooklyn mené par Dustin Payseur et John Pena, qui semble, depuis sa formation en 2009 et son premier album de 2010, continuellement fantasmer une plage de carte postale infinie où la vie n'est que coolitude et contemplation.

 On avait pu voir les Beach Fossils au magasin Rough Trade East de Londres le 2 décembre 2010, et même échanger quelques gentils mots avec eux. On se souvient être tombés sous le charme du son clair et simple de leurs jangle pop songs ensoleillées et mélancoliques, et s'être dit qu'ils avaient un bel avenir devant eux. Un an et demi plus tard, le concert au Point Ephémère, mis en perspective avec celui de Londres, nous a permis de mieux nous rendre compte de l'évolution du groupe, une évolution qui ne transparaissait qu'à peine dans l'excellent EP de 2011 What a Pleasure, dans le single 'Shallow' de 2012 et dans les derniers morceaux du groupe DIIV, dont le leader, Zachary Cole Smith, est maintenant un Fossile à part entière. En effet, si sur ses dernières sorties, le groupe s'en tenait à sa (bonne) recette originale - sons de guitares aigus et vaporeux, voix cachée sous des tonnes de réverbe, mélodies accrocheuses enjouées et contemplatives, parties rythmiques répétitives invoquant la new wave – le concert a lui révélé un tournant rock intéressant chez les Brooklynois. C'était la belle surprise de ce concert, car on a vraiment eu envie de danser, de sautiller en écoutant les 'Sometimes', 'Twelve Roses', et autres grandes réussites du groupe, bien accélérées et dopées pour l'occasion. Cela nous a fourni la preuve que le groupe, en tournée quasi-permanente, a su s'adapter parfaitement au format live, et qu'il est maintenant capable de ramener ses mélodies éthérées au niveau de nos pieds. Bien sûr, ce n'est pas une direction qui peut nous satisfaire entièrement, car elle se fait aux dépens d'une certaine subtilité, d'un certain entre-deux qui donnent au groupe une partie de sa singularité sur CD. Il n'empêche, en live, ça fait plutôt mouche.

 

On attend maintenant avec impatience l'annonce d'un prochain album, sans vraiment savoir si l'on doit espérer que le groupe poursuive dans une direction rock efficace en concert mais somme toute plutôt classique ou qu'il continue d'appliquer les bonnes vieilles recettes, quitte à se voir reprocher de se « fossiliser » par quelques grincheux qui argueraient que ce serait signe de manque d'ambition et d'inventivité. Une voie à suivre pour les Beach Fossils seraient peut-être à chercher du côté de leurs cousins du New Jersey, les Real Estate, qui ont su faire un deuxième album pas foncièrement différent du premier, et pourtant infiniment meilleur, en cultivant et perfectionnant leurs obsessions sonores et leur univers. Dans tous les cas, comptez sur nous, on en reparlera.

 

Ps : je ne me suis pas étendu sur la première partie, Girls Names, à dessein, car le set du groupe s'est révélé en deçà de nos attentes. C'est un bon groupe, ambitieux – et à raison – mais encore trop timide pour vraiment impressionner en live. On vous conseille néanmoins d'écouter leur album de 2011 intitulé Dead to Me, pas si éloigné, dans l'esprit, de celui des Beach Fossils.

 

 

Nico.

 

'Twelve Roses', tiré de Beach Fossils (2010)


 

 

'Adversity', tiré de What a Pleasure (2011)

 

'Sometime', tiré de l'album à paraître Oshin des DIIV, side-project de Zachary Cole Smith. 


 

 


 


 

 


Publié dans Les qu'on sert.

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