Nevermind the Other 2011 Top Lists, Here Is the Only One You Need

Publié le par Dans.la.solitude.des.champs.(de).sons

On s'en fout des autres tops, c'est seulement de celui-ci que vous avez besoin. Ce titre accrocheur et un brin présomptueux (juste un brin), pour vous présenter notre top de l'année 2011. Oui, c'est un peu tard, et certains mieux au courant que nous auront peut-être déjà, en dix jours, fait quelques trouvailles magiques rendant parfaitement has-been tout ce qui est sorti en 2011. Pour d'autres, ce sera peut-être l'occasion de découvrir ou redécouvrir des albums qui ont compté pour nous, et qui, sait-on jamais, pourraient finir par compter pour eux aussi. Ayant été écrit il y a maintenant un petit moment, le top n'inclut pas certaines de nos découvertes récentes qui auraient pourtant pu y trouver une place ; qu'à cela ne tienne, d'autres bons disques de 2011 devraient faire l'objet de critiques dans les prochains jours/semaines/mois.

 

 

 

 

10


Baths Pop Music / False B-Sides

 

Cerulean, premier album de Will Wisenfield (aka Baths), nous avait tout retourné avec ses beats désarticulés, cousins lointains de ceux de Flying Lotus, Bibio et Aphex Twin. On craignait le pire pour ce deuxième album après un concert un peu foireux à Londres, où Baths nous avait présenté deux nouveaux morceaux franchement mauvais, entre techno sans âme et eurodance de mauvais goût. Bien qu'il soit très différent de Cerulean, Pop Music est donc une excellente surprise. Baths y est en effet beaucoup plus apaisé. Il ne démembre plus ses beats, mais cherche à envelopper l'auditeur dans une bulle ambient – avec tout ce que cela implique de sonorités aquatiques. Avec succès, il utilise aussi beaucoup plus que sur Cerulean sa voix de fausset , tandis que ses textes servent de contrepoints mélancoliques aux sonorités accueillantes de ses compositions. En fait, Pop Music a le charme un peu désuet d'un disque zen, avec ce que cela implique d'homogénéité (aucune chanson ne sort vraiment du lot, elles sont toutes également bonnes, ou mauvaises, c'est vous qui voyez) et de kitsch (tout le monde n'apprécie pas les voix d'enfants et les cris des mouettes) ; n'empêche, c'est un album qui fait du bien.

 

'Somerset'


 

 

 

9


 Tyler, the Creator - Goblin

 

Un album de hip hop radical, rythmé par les beats assassins et le flow rauque et venimeux du tout jeune Tyler Okonma (20 ans). À des années lumière de la doxa west coast du bling bling et de la frime, Tyler, lui, débite menaces et obscénités avec un 'je' dont on ne sait jamais vraiment s'il est autobiographique ou fictionnel. Il ne défend aucune grande cause, ne revendique rien, mais hurle simplement son immense frustration pendant 73 minutes, ne relâchant la pression qu'à de très rares moments, rendus d'ailleurs plus lumineux encore par leur rareté ('She', 'Her', l'instrumental 'Au79'). Mais si Goblin est  parmi notre classement, c'est parce qu'il impressionne aussi musicalement, avec une esthétique ultra-minimaliste, qui vient parfois joliment flirter avec l'abstraction ('Window'). Pour nous, sans hésitation, LE grand disque hip hop de l'année.

 

'Her'


 

 

 

8


Bon IverBon Iver

 

Qu'il est loin le bûcheron solitaire et dépressif de For Emma, Forever Ago ! Sur Bon Iver, c'est un Justin Vernon assuré, fort de sa popularité auprès de Kanye West et ses copains, qui explore de nouveaux territoires, plus pop et électriques – les fans de Dylan ont crié au 'Judas' pour beaucoup moins que ça. Il n'empêche que nous avons aimé Bon Iver au moins autant que nous avions aimé For Emma. Avec leur composition luxuriante qui juxtapose de manière inattendue et surprenante des instruments indifféremment électriques ou acoustiques, chacune des dix chansons s'apparente à un microcosme dont on ne peut saisir la complexité qu'après de très nombreuses et gratifiantes écoutes. Et puis il y a la voix angélique de Justin Vernon. Et, bizarrement, c'est là que les choses se compliquent. Car cette voix - magnifique au demeurant - est filtrée, sur la plupart des chansons, par un vocoder, oui oui, ce truc qui fait que tous les chanteurs de r'n'b sonnent maintenant comme des robots et, accessoirement, comme des jumeaux. Certains ont adoré sans restriction et crié au génie ; taxez-nous de puristes si vous voulez, mais nous, ça nous a parfois (rarement) embêtés. Ce qui ne nous empêche pas de penser que Bon Iver est effectivement un disque important, en ce qu'il concrétise un peu plus le mariage de l'indie et du r'n'b. Maintenant, à quand un disque de Kanye à la guitare folk et sans vocoder ?

 

'Holocene'


 

 

 

7


Real EstateDays

 

Days est un album discret à côté duquel il est facile de passer, par précipitation ou fainéantise. Pourtant c'est sans doute l'un des albums les plus indiscutablement aimables de 2011. Les Real Estate sonnent un peu surf pop (pour la voix noyée et les guitares douces et pétillantes) et un peu new wave (avec la batterie répétitive qui, l'air de rien, fait avancer les chansons). Pourtant, malgré des influences évidentes, Days est réellement singulier, en ce qu'il semble absolument intemporel – sans information sur le groupe, impossible de dire si l'album a été enregistré dans les années 60, 80, ou en 2020. Les dix chansons se ressemblent toutes un peu, comme si elles étaient des variations sur un même thème, un même moment – un après-midi de fin d'été, peut-être. Days oscille ainsi entre douce euphorie et langueur voluptueuse, s'intéressant plus aux subtiles variations d'humeur que chacun peut connaître chaque jour qu'aux émotions intenses et grandiloquentes - et souvent fausses – apanages de groupes plus tape-à-l’œil et creux. L'album porte donc bien son nom : dans un monde idéal, il rythmerait et donnerait sens à nos jours.

 

'It's Real'


 

 

 

6


 Girls Father, Son, Holy Ghost

 

Qu'est-ce qui différencie un artiste indie actuel d'un quelconque péquenot qui faisait du rock à guitare classique il y a de ça, dix, quinze, ou quarante ans ? Avec les Girls, la question mérite parfois d'être posé, tant FSHG lorgne explicitement vers le rock FM, avec ses chœurs féminins, ses guitares sans réverb (ça existe !), sa relative lenteur, et ses paroles parfois un peu gnian-gnian. Et pourtant, on échangerait pour rien au monde les Girls avec un quelconque clone de Scorpions (au pif, je ne m'y connais pas tant que ça en rock FM). Peut-être parce que Christopher Owens a le don pour rendre cool à peu près tout ce qu'il fait/aime/fume. Surtout parce que FSHG s'avère, une fois la surprise passée, être d'une extrême densité. Il n'y a en effet qu'une seule bombinette pop de moins de trois minutes, 'Honey Bunny', qui, en tant que première chanson, sert avant tout de mise en jambe. Sur le reste, les Girls ne s’embarrassent pas d'être catchy ; ils prennent leur temps, et construisent lentement mais sûrement de beaux édifices rock, dans lesquelles la guitare émerge progressivement, jusqu'à prendre le premier rôle et ainsi emmener la chanson là où personne ne l'attendait, tandis qu'Owens répète quelques phrases comme des mantras, avec à chaque fois un peu plus d'intensité. La même recette a beau être utilisée pour toutes les chansons de l'album, elle fait étonnamment mouche à chaque fois, et l'on serait prêt à parier qu'au moins l'un des solos de guitare de l'album provoquera chez vous des frissons incontrôlables. C'est là toute la magie des Girls – cette capacité à faire dans l'émotionnel, parfois même le pathos, en touchant juste (presque) à chaque fois. C'est ce qu'on appelle marcher sur un fil : pourvu que nos Girls ne perdent pas l'équilibre, ils pourraient finir par passer à la radio. (La critique du premier album ici)

 

'Vomit'





 

 

To be continued... ici.
 

 

 

 

 

  Nico.

 

 

 

 

Publié dans Les Tops.

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