Nevermind the Other 2011 Top Lists, Here Is the Only One You Need (2)

Publié le par Dans.la.solitude.des.champs.(de).sons

Voici donc les cinq premiers, qui se sont retrouvés sur une page à part non pas parce que nous voulions instaurer un peu de suspens (quoique..), mais parce que le nombre de mots par article publié est limité.

 

 

 

 

5


Nicolas Jaar Space is Only Noise

 

Convoquant la musique minimaliste des années 60, l'électro des années 2000 et des figures littéraires comme Tristan Tzara (que Jaar sample allègrement), Space is Only Noise est probablement le plus bel Objet Musical Non-Identifié de l'année. Comme le suggèrent ses influences variées, la musique de Nicolas Jaar est essentiellement paradoxale, à la fois complexe, et pourtant étrangement facile d'accès. Elle prouve aussi qu'il est possible de citer et s'inspirer de l'avant-garde sans pour autant être élitiste ou inécoutable. Car, au delà de son esthétique minimaliste, Jaar réussit à insuffler à ses chansons un groove, certes un peu boiteux (en tout cas pas vraiment dansant) mais extrêmement jouissif et ludique. Il va même jusqu'à faire rapper Tzara sur les beats quasi-hip hop de ‘I Got a Woman’, par exemple. Ainsi, un peu comme James Blake avec ses EPs l'an dernier, Jaar a contribué à renouveler l'électro cette année, mêlant genres et chapelles divers, arts nobles et sensibilité pop, avec une maestria et une intelligence qui nous ont ravies.

 

'I Got a Woman'


 

 

 

4


Atlas SoundParallax

 

Depuis 2007, que ce soit avec son groupe Deerhunter ou sous le nom d'Atlas Sound, Bradford Cox publie au moins un album par an, et même deux la plupart du temps. Le plus étonnant, c'est que leur qualité moyenne est toujours au moins exceptionnelle. Parallax confirme la règle, et situe encore un peu plus Cox comme l'un des indie heroes les plus injustement méconnus de ces dernières années. Les ingrédients sont – forcément – toujours un peu les mêmes : guitares mélancoliques, chants éthérés et couches de sons ambient. Pourtant, on continue de fondre sans retenue parce que Cox a une incroyable capacité à créer des mélodies d'une évidence rare, que l'on retient instantanément et que l'on aimerait entendre durer encore et encore. Aussi parce que chacun de ses albums semble marquer une nouvelle évolution, subtile mais réelle, de telle sorte que Parallax ne sonne jamais comme une redite, mais plutôt comme une nouvelle avancée, cette fois-ci vers des sons moins ésotériques, et même presque pop. Il suffit de considérer la chanson 'Mona Lisa' (en duo avec le MGMT Van Wyndgarden) pour le comprendre, qui, d'une complainte adolescente un peu claustrophobe (disponible sur la compilation de travaux en cours Bedroom Databank sortie en 2010) a été transformée en morceau de bravoure mature et assuré sur Parallax. Et c'est tout l'album qui rayonne d'une confiance nouvelle, faisant de celui-ci l'une des valeurs sûres de l'année, et sans aucun doute la porte d'entrée idéale pour découvrir la discographie de Cox.

 

'Mona Lisa'


 

 

 

3


Panda BearTomboy

 

Parce qu'il requiert de l'auditeur une attention inhabituelle, parce qu'il ne ressemble à rien d'autre, il nous aura fallu un peu de temps – le temps de le voir joué en concert, précisément – pour adorer Tomboy sans concession. Aujourd'hui, comme tous ceux qui y ont goûté, on ne peut plus s'en passer. Tomboy est donc exigeant, mais aussi, à la longue, sans doute le plus gratifiant des albums de notre top 10. On ne saurait trop vous le conseiller. (Notre critique complète ici).

 

'Last Night at the Jetty'


 

 

 

2


Kurt Vile Smoke Ring for My Halo

 

Avec leur son comme tout droit sorti d'un vieil autoradio, leur souffle qui enveloppe, et leur guitare folk immaculée, les chansons de Smoke Ring ont offert à nos road trips réels et imaginaires une bande son idéale. Elles résonnent en effet d'une familiarité étrange, comme si nous les connaissions déjà avant même de les avoir écoutées et qu'elles faisaient resurgir de nos mémoires d'agréables souvenirs trop longtemps enfouis sous des couches de souvenirs moins essentiels. Smoke Ring a, en ce sens, un caractère intemporel et presque viscéral qui inscrit Vile dans la lignée des grands folkeux américains, de Dylan à Springsteen. C'est aussi un album qui sert de rappel : en 2011, il est encore possible de faire un grand, bel album avec son seul talent de guitariste et de songwriter - sans aucun élément électronique.

 

'Baby's Arms'


 

 

 

1


James BlakeJames Blake

 

On aurait pu craindre que la hype finisse par avoir la peau de James Blake, bidouilleur électro propulsé au rang de grand espoir de la musique britannique – comme en a témoigné l'immense campagne d'affichage qui lui a été dédiée dans le métro londonien – sans que l'on sache vraiment pourquoi. Sur James Blake, il a pourtant surpassé tous les espoirs placés en lui en renouvelant non pas la niche de la musique électro-ambient, mais, l'air de rien, le monde de l'indie tout entier. James Blake est une sorte de Kid A 2.0, faisant au dubstep ce que Radiohead avait fait à l'IDM ; c'est à dire jouant de ses codes, les adaptant à des formats plus traditionnels, pour inventer un langage musical nouveau, ici une sorte de mariage improbable entre la soul, la pop, le r'n'b et le dubstep. On a étiqueté James Blake, et tous ses lointains cousins qui ont fleuri cette année, post-dubstep. Pourtant, c'est plus justement de post-James Blake que l'on devrait parler, tant l'album, sorti en début d'année, a semblé définir le son de 2011 – au moins autant qu'il en a capté le zeitgeist. Et en effet, en cette fin d'année, c'est tout un pan du r'n'b alternatif qui est devenu soudainement indie-friendly, avec The Weeknd ou Jamie Woon comme têtes d'affiche. Ne pas se leurrer cependant, la grandeur de James Blake n'est pas seulement liée à de telles considérations techniques ; elle tient avant tout à la beauté intrinsèques de toutes ses chansons, petits bijoux de mélancolie nocturne qui transcendent sans forcer les guerres de chapelles, et qui seront restées inégalées cette année.

 

'The Whilelm Scream'


 

 

Pour les albums classés de la 6e à la 10e place, c'est ici.


Ps : Bonne Année !

 

 

 

 

 

 

Nico.

Publié dans Les Tops.

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