Joubert Singers – Stand on the Word (1982) : Larry or not Larry ?

Publié le par AA

Quel artiste : The Joubert Singers 

Où : New York 

Quand : 1982 

Dans quel tiroir : Gospel disco 

Etat des esgourdes : groovangelisées 

 

Tout simplement un des morceaux disco les plus percutants de l’histoire de la musique. Oui Madame.

Piano au groove étourdissant en ouverture, puis couche sur couche chœurs d’enfants, batterie disco, et basse louvoyante. Une structure simple qui monte, qui monte, qui monte jusqu’à l’explosion vocale de la fin qui s’affaisse (trop vite) dans un fondu sonore brutal.

 

« That’s how the Good Lord works, that’s how He works », « We must not question the Good Lord », “Stand on the Word, the Word of God!”

 

Et oui, vous ne rêvez pas, il s’agit bien là de gospel disco. Comme quoi la parole de Dieu peut prendre toutes les formes, y compris les plus rythmées.

 

Rendu célèbre par Larry Levan, DJ du club disco new-yorkais le Paradise Garage, « Stand on the Word » a connu un immense succès sur les dancefloors à l’époque de sa sortie. L’histoire de ce morceau est fascinante, mais difficile à reconstituer. Alors voici une tentative d’histoire.

 

Cette perle musicale est née dans le New York du début des années 80. Larry Levan officie au Paradise Garage, et fait en quelque sorte figure d’autorité dans le milieu disco. Les titres qu’il joue en club deviennent souvent immédiatement des succès en termes de vente et d’estime.


Ce morceau nait dans l’Eglise Baptiste de Crown Heights, à New York en 1982, où les chœurs des Joubert Singers, dirigés par Phyliss Joubert, y enregistrent une première version de « Stand on the Word ». L’église en presse quelques centaines de copies pour les fidèles, sous le nom de « Celestial Choir ».

Non loin de là se trouve le studio de Walter Gibbons, DJ producteur et remixeur disco (article à suivre sur le bonhomme). Alors qu’il est dans une période de retour à la religion, il accumule des milliers de disques de gospel et les joue dans des clubs. Lorsque qu’il découvre celui-ci, il se met à le jouer souvent dans le magasin de disques où il travaille, « Rock & Soul » sur la 7ème avenue. Les quelques copies se vendent très vite, et deviendront des succès du Paradise Garage, du Loft, du Zanzibar (ces tirages sont aujourd’hui très rares). Mais l’église locale n’est pas prête à represser des disques et à gérer un tel succès. Le titre sera réenregistré, avec les mêmes chanteurs, mais cette fois à l’extérieur de l’église.

 

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En 1985, « Stand on the Word » sort sur le label ‘Next Plateau’, produit par George Rodriguez, un spécialiste de la transformation de morceaux de chœurs gospel en morceaux disco, et mixé par Tony Humphries. Pas par Larry Levan ! Levan est célèbre pour l’avoir joué au Paradise Garage, mais ne l’aurait en fait jamais remixé ! Son nom a apparemment été marqué sur les premiers tirages pour faire vendre davantage de disques.

 La version que l’on connait aujourd’hui (que j’ai postée ici, et dont le titre mentionne Larry Levan) serait celle mixée par Tony Humphries.

 

Voilà pour l’histoire, assez bancale je m’en excuse, de ce morceau. Mais ce genre d’histoire est difficile à retracer, de témoignages de personnes de l’époque en rumeurs, en annotations de macarons de vinyles et j’en passe.

 

Article à suivre sur la disco new-yorkaise et les pionniers du remix, Tom Moulton et Walter Gibbons. Vous saurez (presque) tout sur les premiers remixes de l’histoire de la musique, les ancêtres des premiers beats hip-hop, la conversion brutale de Walter Gibbons au catholicisme quand il s’est mis à jouer du gospel en club, et autres anecdotes chatoyantes.



 

Peut-être ce morceau vous rappelle t-il quelque chose ? Des chœurs d’enfants, une basse slappée qui s’insinue dans les contre-temps d’une phrase de piano au groove certain, des mélodies simples et répétées jusqu’à plus soif ?

D.A.N.C.E. de Justice ? A mon humble avis, encore une fois, les deux moustachus ont eu un sacré flair, et ont su reprendre les ficelles d’un morceau à succès mais peu connu de nos jours pour en faire leur propre morceau à succès. Certains diront plagiat, je préfère parler d’inspiration (grosse inspiration si on veut, parce que c’est vrai que même jusqu’aux tonalités employées, la ressemblance est frappante), puisque quand même, D.A.N.C.E. est un très grand morceau à lui tout seul.

    

 


Deux autres exemples de samples/reprises de ce morceau :

 

Donovan – Chord (plutôt bon dans l'idée) 

Keedz – Stand on the World (qu’on entend dans le film Polisse),

espèce de mauvaise tentative de refaire un D.A.N.C.E.,
mais sans le talent, sans l’oreille et sans le son.
 


 

 

 

AA

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bart 29/10/2012 21:45

il me semble que dans Polisse, c'est bien la version originale du titre que l'on entends, pas celle de Keeds...