God Save the WASPs.

Publié le par Dans.la.solitude.des.champs.(de).sons

TheSoftPack.Cover

 

 

Quel artiste : The Soft Pack 

Quel album : The Soft Pack  

Quand la sortie : 2010

Quel label : Kemado Records

Dans quel tiroir : Garage-punk, indie rock

Etat des esgourdes : Pogotées, agitées, guitare-électrisées

 

   

Il n'y a pas si longtemps, les Soft Pack s'appelaient les Muslims. Punk-rockers polémiques, bruyants, ingérables et finalement infréquentables jusque dans leur ville natale de San Diego, ils ont changé de nom "pour un nouveau départ", comme l'affirmait leur page Myspace.

 

Un nouveau départ qui, au vu de la pochette de ce premier album éponyme, semble radical : chemises bleu clair, Wayfarers sur le nez et coupes de cheveux négligées juste comme il faut, nos soit-disant punk-rockers sauvages ont tout l'attirail du WASP bien sous tout rapport. Sauf que leur musique, elle, balaie d'un riff de guitare énergique cet a priori.

 

C'est bel et bien à du rock que l'on a affaire. Du garage, du punk même. En effet, le son des Soft Pack est assez brutal, digne de la réputation sulfureuse des Muslims en leur temps. A l'amateur de musique, il rappellera le rock de la fin des 60s (Velvet Underground), et surtout celui des 70s et du début des 80s (The Feelies et The Undertones en tête), plutôt que l'affreux punk mainstream californien actuel, porté par Blink 182 ou Green Day. D'ailleurs, il est intéressant de noter que The Soft Pack (l'album, cette fois-ci), aussi classique qu'il puisse être, ne ressemble finalement qu'à très peu de ses contemporains (les albums des Black Lips, peut-être). Alors que l'on ne parle aujourd'hui que de ces groupes britanniques estampillés indie et de cette nouvelle doxa qui veut que le punk s'accompagne nécessairement d'éléments électro - et qui a donné lieu à plus d'échecs cuisants qu'à des réussites étincelantes, soit dit en passant (citons parmi les réussites les excellents Late of the Pier ) - les Soft Pack, eux, semblent être restés insensibles à toute mode. Dans ce sens, leur musique semble presque conservatrice, réactionnaire aujourd'hui. Un comble pour des punk-rockers ; et un vrai bol d'air pour les amateurs de bonne musique.

 

Car si les Soft Pack jouent du punk, c'est à la manière d'hommes du 21e siècle. En opposant à leurs mélodies assez violentes une belle clarté (pureté ?) de son, ils ouvrent finalement une voie relativement inédite dans les mondes ultra-codifiés du garage et du punk. D'autre part, certaines chansons de l'album trahissent des influences qui dépassent assez largement le cadre très restreint du punk fin 70s - début 80s. Mexico et sa basse chaloupée, par exemple, nous rappelle les origines communes du punk et de la new wave ; quant à Parasites, elle permet au groupe de faire ouvertement du pied aux légendaires  The Fall. Et si la plupart des dix chansons composant l'album sont effectivement de vrais petits brûlots expédiés en moins de trois minutes et qui viennent prendre directement aux tripes, on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a beaucoup de potentiel chez les Soft Pack.

 

Beaucoup. Vraiment beaucoup. Assurément, l'album regorge de singles, de C'mon, hymne anti-conformiste, à l'incendiaire Flammable, en passant par Answer to Yourself, qui remporte haut la main le titre de chanson la plus sexy de l'année ; mais des singles qu'on n'entendra jamais à la radio, et qui pourtant, dans un monde juste, devraient servir de bande-son à toute soirée étudiante qui se respecte. Et si la lassitude se fait sentir par moments (surtout en fin d'album), cela a plus à voir avec le genre de musique dans lequel le groupe s'illustre plutôt qu'avec un possible manque d'inspiration.

 

Bref, The Soft Pack n'est probablement pas un chef d'oeuvre. Mais c'est sans aucun doute un vrai bon album, facile à écouter et difficile à oublier, dont les quelques lacunes (voix un peu fainéante, textes parfois un peu pauvres, relatif classicisme de l'ensemble) sont autant de charmes supplémentaires pour les oreilles de l'amateur de rock à l'ancienne. Et puis, soyons honnêtes, quoi de plus cool que des gueules de Vampire Weekend qui jouent de la musique à faire flipper le vieux punk-à-chien du coin ?

 

 

C'mon

 

Answer to Yourself

 

Mexico

Nico S.

Publié dans Albums récents

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