Danger @ La Plateforme, Lyon (Echo Sonore #83 - 26/03/10)

Publié le par Dans.la.solitude.des.champs.(de).sons

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Quel artiste : Danger

Quel le label : EKLEROSHOCK

Dans quel tiroir : Electronique, dance, 80, musique de films, musique de jeux vidéo

Etat des esgourdes : Bousculées, synthétisées, kickées

 

            Dans la galaxie d'artistes Dance (terme sous lequel je rassemble beaucoup d'artistes et de tendances différents, je ne parle pas de l'Eurodance des Vengaboys) qui ont émergé ces trois dernières années, Danger est un de ceux qui a su le mieux se faire une place. Il a crée un son, tout à fait reconnaissable, empreint de sonorités 80, de musiques de film et de jeux vidéo, mais il a aussi su créer un univers entier. Graphiste de formation, il a su imaginer cette imagerie caractéristique, faite de jungles, de villes sombres et de pyramides, de cagoules aux yeux lumineux, de rues glauques et de punks à la Streets of Rage. Ces images, il nous les présente avec ses travaux graphiques, mais il les convoque aussi dans sa musique. Bande originale de son cerveau, la musique de Danger, comme il l'explique dans une interview, est composée pour illustrer des images qu'il dessine. Et à l'écoute, effectivement, on visualise toutes ces ambiances, et on rejoint le père Danger dans ses jungles.

            Vendredi à la Plateforme, le cagoulé était de retour à la maison après quelques mois d'absence, pour une tournée mondiale. Autant dire qu'il était attendu au tournant, par des kids à carreaux chauffés à la Vodka Redbull.

            Entré dans la Plateforme vers 00h30, je n'ai pu assister qu'à la fin du warm-up, mené par le duo Acid Washed (Record Makers). Comme souvent dans les récents warm-ups auxquel j'ai pu assister, j'ai été consterné par le manque d'intensité du mix et des compositions, combiné à l'attitude déroutante du duo. Comme devant beaucoup de warm-ups récemment, on m'a offert (infligé ?) un son sans âme, déblatéré par deux colorkidz gesticulants derrière leur Mac. Aucun mix, toute tentative d'articulation de deux morceaux se soldant par un couac rythmique, une juxtaposition de sonorités à la mode, de la turbine sur-sidechainée aux violons disco à la D.A.N.C.E., qui perd toute beauté dans un tel set. Je m'arrête là, mais ce genre de mauvaise expérience me rappelle chaque fois que la musique est une affaire de vibrations, de puissance, choses que ce genre de hipsters aseptisés n'effleurent même pas. Pour moi, ça a été le drame avant la tempête.

            On voit poindre la cagoule du père Danger, et la Plateforme s'enflamme, tangue (c'est une péniche). Quand j'ai pu retrouver un peu de stabilité sur mes baskets, j'ai savouré à pleins tympans le début de ce set. 9h20 (le morceau, pas l’heure) ouvre la bataille, avec son rythme dédoublé et ses violons synthétiques, et les mains commencent à se lever. Le mix va se construire progressivement, entre rafales de synthés et mélodies feutrées, entre zones de turbulences et aires de repos. La différence avec le mix précédent était d'autant plus frappante : aucun moment où la pression ne retombe. Quand le rythme se ralentit, ce n'est qu'un répit avant une surenchère sonore, ce n'est qu''un repos pour les jambes et les oreilles. Danger sait ménager son public, mais il sait aussi le flanquer par terre. Aux moment les plus intenses du mix, on entend les morceaux qui ont fait la renommée de Danger (ses fameuses heures) : 4h30, extrait du dernier EP, 11h30, avec une edit hachée plus efficace que jamais, 14h54, 19h11 etc. J'attendais 7h46 et le remix de Lovejuice, mais je n'ai pas été servi de ce côté-là. Sur la longueur, le mix tient en intensité, en puissance, en beauté filmique. Les projections vidéos ajoutent à la création de cette atmosphère si particulière, à tel point qu'on ne s'étonne même plus de voir galoper des animaux juste après des extraits d'Akira.

            Sur scène, on sent la concentration, l'implication dans la musique (et pas dans la gesticulation « push-it-up push-it-up » à la Guetta), et on mesure clairement les deux envergures différentes d'artistes, qui visiblement n'étaient pas là ce soir pour offrir la même chose. Quand on parle de live en musique électronique, revient souvent la question de l'utilisation quasi-systématique aujourd'hui d'ordinateurs portables, et ses conséquences sur le rapport au public. Dans ce cas précis, peu m'importe que Danger ait été sur platines, sur Mac ou sur K7 : la puissance de la musique excuse toutes les techniques, et tous les jeux de scène.

 

Danger - 7h46



SymbolOne - Lovejuice (Danger TV Remix)



Danger - 4h30

A-A.

Publié dans Le garage à beats

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Commenter cet article

Vengeur 3.0 03/04/2010 12:03


http://www.youtube.com/watch?v=emBKjYlB2FA&feature=player_embedded


Dans.la.solitude.des.champs.(de).sons 03/04/2010 18:25



Salut Vengeur,
Merci du commentaire YouTube !
La vidéo illustre bien ce que j'ai voulu dire. Sur la vidéo, c'est la meilleure chanson du set, et c'est à celle-là que je pensais quand j'ai parlé des violons à la D.A.N.C.E. Dans tout le reste
du set, rien de si bon. Ils gesticulent beaucoup pour rien derrière leur Mac.

A+, merci de ton passage!