Bibio, ou le brio des bribes

Publié le par Caïn

Bibio - Ambivalence AvenueQuel artiste : Bibio

Quel album : Ambivalence Avenue

Quand la sortie : 2009

Quel le label : Warp Records

Dans quel tiroir : Electronique-Folk-Folktronica-Abstract Hip Hop-Country-IDM Warpisante

Etat des esgourdes : reposées, titillées, étonnées, caressées

 

            Bibio, non ce n'est pas la marque du nouveau jouet Playskool qui fait des bulles quand on le brosse, ni la nouvelle gamme de compotes évolutives pré-machées pour nouveau-nés, c'est le tseudonyne de Stephen James Wilkinson. L'homme nous est présenté comme aimant la nature, les guitares folk et la pêche à la mouche (d'où son nom visiblement). Mais force est de constater qu'il a dû également s'user les tympans sur des beats hip-hop, qu'il a un jour décidé de faire boiter comme pour mieux les ressentir.

            Son 6ème album, Ambivalence Avenue, un vrai travail d'orfèvre aérien, des paysages de matins, des envies de feux de bois. Au fil de l'écoute, on entre dans le monde qui nous est offert, et on décrypte par bribes les parties de guitare, les sons samplés, les saturations simples, les beats boiteux. C'est d'une simplicité déconcertante, et pourtant l'IDM de chez Warp est bien là : cette musique qui est capable de nous offrir des sonorités jamais entendues ailleurs, dans des agencements tortueux, pour un résultat évident. Car Bibio c'est un peu ça aussi, l'évidence.

            L'Ambivalence, elle est dans le mélange des genres, et plus que le mélange, le mariage, la re-création. Souvent les beats traînent la patte (Fire Ant, Sugarette, S'vive, Cry! Baby!), et on bouge la tête en souriant. Parfois, la mélancolie reprend le dessus, comme dans les tristounets Abrasion, The Palm of Your Love, Cry! Baby!, mais on accepte sans sourciller et on peut même le suivre dans sa mélancolie. Les titres qui conduisent vers la fin de l'album sont un retour au calme qui peut passer pour une perte d'élan, tant cet album commence fort et guilleret.

            L'Ambivalence, elle se crée entre les choeurs façon Beatles (All the flowers) et les rythmiques Drill'n'Hip-Hop (Dwrcan), elle se crée entre les voix arrachées par le sampler à leur propriétaire (S'vive, les enfants de Fire Ant) et les grésillements de TSF rouillée (Jealous of Roses). Elle se crée entre une promenade en forêt et un travelling dans une banlieue américaine un jour de pluie (Lover's carving). Elle se crée entre les contrebasses crâneuses (Jealous of roses) et les basses saturées (Cry! Baby!).

            L'Ambivalence, elle se scelle certainement sur les dernières notes de l'album, où les sirènes de la villes se transforment en presque-chants-grégoriens et nous laissent repartir en rêvassant avec, au fond du cerveau, un goût de revenez-y.

            Et si Bibio frôle parfois le kitsch, c'est pour mieux faire monter la mixture.

 

           

Pour les petits curieux, ses précédents albums :

 

# fi - 2004

# Sheila Sets Sail / Tribio - 2005

# Hand Cranked - 2006

# Ovals and Emeralds - 2009

# Vignetting The Compost - 2009

# Ambivalence Avenue - 2009

 

 Bibio - Jealous of roses

 

Bibio - Haikuesque (when she laughs)

A-A.

Publié dans Le garage à beats

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